Il apparaît dans ce travail que autant
le tourisme rural que le tourisme équestre, qui en est une variante,
ne sont susceptibles de constituer une activité économique suffisant
au fonctionnement d’une région. Cependant, ils représentent
l’un et l’autre des appoints intéressants qui peuvent compléter
l’activité principale menée dans une exploitation rurale. Se
lancer dans l’une ou l’autre forme de tourisme rural, qu’il
s’agisse d’hébergement, de petite restauration ou d’organisation
de randonnée équestre en tant qu’activité principale semble
peu viable économiquement. Les infrastructures et l’entretien
que supposent la mise sur pied de tels projets nécessitent le
soutien de moyens relativement importants que les seules rentrées
du dit projet ne sauraient financer, même à long terme.
Pour les individus dont la situation
offre non seulement les moyens mais également le temps de se
consacrer à une activité complémentaire, le tourisme rural de
même que le tourisme équestre représentent des opportunités
intéressantes et divertissantes. L’intérêt du prestataire et
souvent même une véritable passion à l’égard de l’activité qu’il
décide d’entreprendre sont souvent à la base de telles initiatives.
On ne se lance pas, ou rarement, dans l’hébergement de touristes,
l’ouverture d’une buvette ou d’une métairie, ou encore l’accompagnement
de cavaliers par simple nécessité financière. La recherche d’une
certaine convivialité, sans laquelle le projet serait d’ailleurs
voué à l’échec, est souvent à la base de ce genre d’entreprise.
On l’aura sans doute compris, le
tourisme équestre n’est pas à proprement parler l’initiative
des paysans, mais plutôt celle des cavaliers propriétaires de
chevaux ou d’autres personnes s’intéressant de près à la randonnée.
Le manque de collaboration des uns avec les autres est étonnant
puisqu’ils devraient en fait se compléter au niveau de leurs
attentes. Si les cavaliers ont besoin de gîtes d’étapes pour
effectuer leurs circuits, les paysans semblent les plus à même
de posséder les infrastructures nécessaires à la création de
ces gîtes. Alors que le catalogue distribué par l’Office du
Tourisme Rural de Suisse Romande regorge d’adresses d’hébergements
dans des fermes, aucune ne mentionne la possibilité d’accueillir
des chevaux. De même, on ne constate pas tant de paysans parmi
les tenanciers des gîtes équestres recensés par l’ASRE. Les
uns étant demandeurs et les autres offreurs, leurs efforts auraient
tout intérêt à se joindre afin de développer leurs objectifs
complémentaires.
Suivant que l’on possède son propre
cheval ou pas, l’initiative du tourisme équestre peut être strictement
privée ou dépendre des offres à disposition dans les centres
équestres. Dans le canton de Vaud, les infrastructures pour
la randonnée, qui font l’objet des attentions de l’ASRE, sont
passablement nombreuses pour qui dispose de sa propre monture.
Pour les autres en revanche, les possibilités sont encore restreintes.
Si l’organisation de randonnées représente un nouveau créneau
pour les centres équestres, peu sont ceux qui s’y consacrent
vraiment.
Le tourisme équestre, au même titre
que le tourisme rural apporte de la clientèle aux commerces
locaux, que ce soit les hôtels, les restaurants, les magasins,
ou toute autre forme d’activité commerçante. Si elle constitue
un appoint non négligeable pour l’économie locale, elle ne suffit
évidemment pas à l’entretenir tout au long de l’année. Les emplois
que les secteurs du tourisme rural et équestre contribuent à
développer sont également bénéfiques à la conjoncture locale
bien qu’ils ne soient souvent que saisonniers.
Comme nous l’avons émis au début
de ce travail, le but premier du tourisme rural est de servir,
les intérêts de la population locale plutôt que de profiter
à des promoteurs extérieurs qui n’ont que faire des besoins
de la région où ils investissent. Il s’agit d’un tourisme «
visiteur » plutôt que « colonisateur ». C’est pourquoi il doit
se contenter des ressources naturelles et locales sans devoir
inventer d’artifices. Dans un milieu essentiellement agricole
comme dans le canton de Vaud, les ressources touristiques essentielles
sont ; la beauté et la diversité des paysages, le charme de
l’architecture traditionnelle qui subsiste dans les villages,
les produits du terroir, les coutumes et les festivités locales.
Le tourisme équestre, offre la possibilité de découvrir ces
milieux au rythme tranquille du cheval, de séjourner dans des
étapes chaleureuses et de goûter aux spécialités locales. Il
permet donc d’exploiter à fonds les qualités qui font l’attrait
du milieu rural tout en restant extrêmement modeste pour ce
qui est des infrastructures nécessaires à sa réalisation. Sa
forme originale et progressive permet de découvrir chaque jour
des lieux différents tout en respectant son environnement.
Le tourisme rural et le tourisme
équestre ne sauraient constituer des facteurs de développement
au sens moderne du terme. Ils permettent simplement l’apport
d’une contribution économique modeste à la communauté sur la
base du patrimoine et des ressources qui lui sont propres.