Entre Homme et Cheval: Les Nouveaux Maîtres

Le Dossier
Table des matières
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Le cheval
..et l'homme
La Communication
Le Dressage
Nouveaux Maîtres
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Pat Parelli
Monty Roberts
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L'ossature

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Actuellement, on entend beaucoup parler de ces " nouveaux maîtres ". Dans les journaux, beaucoup d'articles leur sont consacrés. Un film, tiré d'un livre, "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", a sensibilisé aussi le grand public. Pourtant... sont-ils simplement des charlatans mystérieux digne d'un phénomène de mode ou plutôt des révolutionnaires par les nouvelles manières qu'ils emploient avec des chevaux ?

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Histoire

Ils sont appelés "Horse whisperers" car ces hommes chuchotent à l'oreille des chevaux et réussissent à rendre docile les plus récalcitrant en quelques minutes.

Il semble que le tout premier, dans les années vingt, s'appelait Sullivan, un Irlandais qui avait cette réputation de rendre docile n'importe quel cheval. Il entrait dans le box du cheval décrit comme violent, et selon certaines personnes, il lui chuchotait des mots inintelligibles à l'oreille puis il sortait du box avec le cheval doux comme un agneau, calme et confiant.

Aux Etats Unis, depuis des décennies, ces chuchoteurs se sont multipliés. Ils tentent de se faire entendre dans ce monde de cow-boy et de rodéos qui prêche la violence et la contrainte pour obtenir la soumission du cheval. D'ailleurs, les nouveaux maîtres opposés à ces méthodes violentes, sont apparus pour les contrer. Parmi des centaines de dresseurs utilisant le comportement naturel avec les chevaux, il faut citer les plus connus: Tom Dorrance et Ray Hunt qui fut son élève, puis leurs principaux émules: Monty Roberts, Pat Parelli, John Lyons, Docteur Miller, Linda Tellington-Jones...

Tous se décrivent comme "chuchoteurs", pourtant chacun amène à sa manière un éclairage novateur sur la façon de dresser et d'éduquer les chevaux. Ils apportent leur personnalité propre à cet art nouveau mais tous suivent un même objectif: rétablir entre l'être humain et le cheval une communication trop souvent défectueuse.

Le terme chuchoteur est mal approprié car il n'y a rien de magique ni de mystérieux dans leur méthode. De plus ils ne chuchotent rien à l'oreille des chevaux. Le terme de "méthode douce" ne convient pas non plus à leur pratique, défaite de tout sentimentalisme exagéré: au contraire, elle est basée sur beaucoup de fermeté et une très grande exigence, ce qui ne contredit cependant pas la douceur.

Leurs procédés sont issus de l'observation du comportement des chevaux entre eux et ils utilisent leur " langage ". (dossier de Presse d'Elisabeth de Corbigny)

Description

En fait, ces méthodes de dressage sont presque "l'aboutissement" de l'immense évolution de la relation entre l'homme et le cheval. Ils ont découvert comment atteindre la parfaite harmonie avec le cheval; plus besoin de mors, de selles.

Au départ, classés comme magiciens ou surdoués, il était difficile de se faire une opinion des nouveaux maîtres.

Puis certains se sont mis à expliquer, à enseigner leur méthode et a affirmer qu'elles étaient accessibles à toute personne bien intentionnée et volontaire. De plus les résultats sont rapides.

Tout n'est pas simple pour ces nouveaux maîtres, comme toute chose nouvelle, un instant de recul, de refus est toujours présent chez les cavaliers. Il est certain qu'ils font d'excellentes démonstrations et d'intéressantes découvertes sur le comportement du cheval mais parfois leurs théories scientifiques prêtent à confusion. Il est nécessaire de corriger leur théorie peu rigoureuse et parfois même fantaisiste sur le cerveau du cheval entre autre. Ainsi certaines extrapolations de Pat Parelli sur la différence entre le cerveau gauche et le cerveau droit du cheval apportent plus de confusions que de clarté à ses théories par ailleurs passionnantes. Il parle de la dissymétrie cérébrale du cheval pour enrichir de références scientifiques ses théories. En fait, la science a découvert que l'hémisphère gauche de l'homme était plus analytique (gère entre autre le langage, la pensée mathématique...) tandis que son hémisphère droit était plus affectif (spécialisé dans l'orientation dans l'espace...). En revanche, rien ne se sait à propos d'une éventuelle latéralisation du cerveau du cheval. Il semblerait d'ailleurs que le cheval montre peu de capacité pour la musique ou le langage verbal. Il est impossible pour le moment de savoir si le cerveau du cheval fonctionne comme le nôtre.

Il est dérangeant d'entendre Pat Parelli dire "Adresse-toi au cerveau gauche du cheval" au lieu de dire "Ne transmets pas tes émotions au cheval". (Cheval Magazine, no 310)

Toutefois, malgré leur confusion scientifique, les apports des nouveaux maîtres sont incontestables. Leur nouvelle approche du cheval fonctionne indubitablement et ouvre de nouveaux horizons à l'équitation de loisirs du XXIe siècle. La critique ne va pas sur la façon de faire ou sur les résultats mais sur les explications pseudo-scientifiques qu'ils donnent pour étayer et justifier leurs méthodes.

Les bases des chuchoteurs

Le plus important est de reconnaître que le cheval n'est pas qu'un bête que l'on monte, ou pire, une machine, mais un animal à part entière avec des instincts, et des émotions. Ce sont ceux-ci qui dicteront les réponses positives ou négatives qu'il développera envers l'homme.

Quand les chevaux nous perçoivent comme des prédateurs, ils vont alors réagir en se défendant, en étant par exemple difficiles à attraper, mordeurs, rueurs...

L'homme qui ne se rend pas compte de cette relation prédateur-proie, pense que le cheval a des vices alors que ce ne sont que des réactions d'autodéfense .

Une autre notion fondamentale nécessaire à la compréhension du comportement du cheval, est son besoin prononcé d'ordre social, de hiérarchie. Il a besoin d'une hiérarchie précise et se défient entre eux afin de déterminer le chef et toutes les autres places précises jusqu'au bas de l'échelle sociale. Ces jeux de dominance ne se termineront jamais car ils vont jouer ces mêmes jeux avec tous les hommes de leur entourage !

Lorsque tous ces éléments seront assimilés, le cavalier pourra approcher un haut niveau; celui de l'homme de cheval qui définit une personne très expérimentée dans le domaine équestre.

Pat Parelli

Pat Parelli et Monty Roberts sont les nouveaux maîtres américains les plus renommés internationalement.

L'enseignement de Pat Parelli est tellement magnétique, motivant et efficace, et la demande tellement grande qu'il a dû former des instructeurs.

Il y a 20 ans de cela, Pat Parelli s'est détourné de l'entraînement des chevaux pour enseigner aux gens, et il a développé un programme d'étude passionnant. Il a compris qu'apprendre les bases de l'équitation traditionnelle pouvait être pénible surtout pour la nature de l'homme qui veut toujours commencer au top. Alors il a proposé une méthode révolutionnaire qu'il a nommé "The Parelli Natural Horsemanship (PNH)". Cette méthode propose une approche totalement différente du cheval. D'abord, il parle de la psychologie et du comportement du cheval, puis de techniques intéressantes sur les méthodes de travail avec les chevaux, au sol d'abord, et montés ensuite. Pat Parelli apprend en fait à ses étudiants ce que beaucoup de cavaliers ne sauront jamais durant leur vie entière.

Pat Parelli résume la base de son enseignement dans cette phrase :

"Horsemanship (relation homme - cheval ) peut s'obtenir de façon naturelle en utilisant la psychologie, la communication et la compréhension plutôt que la contrainte, la peur et la force."

M. Parelli consacre sa vie au développement d'un programme systématique qui "apprend aux gens à apprendre aux chevaux ".

But et méthode (PNH)

Depuis 1993, Pat Parelli a mis sur pied la méthode Parelli Natural Horsemanship . Sa vision était " d'élever le niveau de l'équitation... mondialement". Cela peut paraître ambitieux, et pourtant les débutants en équitation traditionnelle n'apprennent même pas comment fonctionne le cheval, pourquoi il réagit à certaines choses, et surtout comment se comporter pour bien faire. Vu les milliers de personnes qui étudient la philosophie et les concepts de PNH dans le monde, il est clair que la méthode répond à une demande§, à un besoin de compréhension de la relation homme- cheval. Les étudiants de PNH utilisant cette méthode obtiennent d'ailleurs rapidement des résultats. Ils ont des chevaux plus calmes, plus courageux, plus athlétiques, car ils sont mieux travaillés et les étudiants ont une relation exceptionnelle avec leur monture, basée sur la communication, la confiance et le respect.

Base de la méthode

Pat Parelli, afin d'aboutir à sa méthode, a étudié comment les chevaux communiquent à l'état sauvage. Il a identifié 7 "jeux" qu'ils utilisent pour établir une hiérarchie dans le troupeau. Ensuite il a retranscrit ces jeux de manière à les reconstituer dans une relation entre un cheval et un homme. L'homme doit toujours gagner ces jeux afin d'être le dominant dans sa relation avec son cheval, et il obtient ainsi le respect de sa part, mais aussi son accord.

En fait, Pat Parelli explique qu'il faut "penser comme un cheval", car les hommes ont cette capacité d'adaptation. Par contre, il est impossible d'apprendre au cheval à penser comme un homme. C'est justement pour cette raison que l'équitation traditionnelle n'aboutit guère, ou amène souvent des conflits entre l'homme et le cheval.

Le cheval comprend ses congénères dans le troupeau mais ne peut interpréter ce que l'humain essaie de lui communiquer. Avec cette méthode, il sera alors instinctivement attiré car il comprendra ce langage et pourra y répondre, il se sentira alors sécurisé, et pour lui c'est primordial.

Prenons l'exemple d'un homme qui vit dans un pays étranger, essayant vainement de comprendre les autres, et qu'un jour il entende quelqu'un parler sa langue maternelle.

C'est la raison pour laquelle cette méthode fonctionne. D'ailleurs, la preuve est que les chevaux répondent très vite à ce système de communication, et les changements sont rapides.

 

Explication de la méthode

Jeu du Yo-Yo présenté par Carmen Zulauf

Comme Carmen Zulauf (cf.annexe), enseignante PNH, l'affirme, l'homme doit réaliser que le cheval le perçoit comme un prédateur. Le cheval réagira donc en conséquence et selon ses instincts, fonctionnera à l'opposé de l'homme. Ainsi, lorsqu'un humain a peur, il se crispe tandis qu'un cheval bouge ses pieds. En fait, avant de tenter quoi que ce soit avec son cheval, il est nécessaire de comprendre cette relation de prédateur et de proie.

Puis l'homme devra changer son comportement, en apprenant à "fonctionner" comme un cheval et à "réfléchir" comme lui. Il doit réussir à faire le contraire de ce que lui dicte son instinct en général.

Cette enseignement est basé sur la gestuelle et l'expression corporelle qui servent de langage pour communiquer avec son cheval.

Après quelques explications et leçons sur la psychologie et les réactions du cheval, la nouvelle approche peut commencer.

Cette approche est dite "animale".

L'homme tentera d'abord de sécuriser le cheval car pour une proie, c'est le sentiment qui prime en lui. Avec un cheval inquiet, tendu, il sera impossible d'obtenir un résultat. Ensuite le cheval a aussi besoin de confort; il doit se sentir à l'aise. Enfin il a besoin de jouer; en liberté, les chevaux jouent constamment aux jeux de dominance. La nourriture a de l'importance uniquement si les autres conditions sont respectées. Si le cheval ne se sent pas en sécurité et à l'aise, il ne mangera pas.

Jeu du cerclePour faire comprendre au cheval que l'homme ne lui veut que du bien et est capable d'assouvir ses besoins les plus importants, Pat Parelli a inventé des exercices. Il les a classés par degré de difficulté permettant ainsi une progression constante du couple homme-cheval. Sa méthode s'appuie sur 10 échelons comparables aux différentes ceintures au judo.

 

Les premières étapes se consacrent à la communication et l'équidé enseigne son langage à l'homme. En effet, les chevaux réagissent toujours à une stimulation clairement énoncée dans leur langage.

Ensuite seulement commencent la communication et l'enseignement au cheval.

Preuve de Savvy Ces étapes se passent au sol et se répartissent en 7 jeux basés sur la logique d'une proie et l'équilibre entre l'amitié et la dominance, ce qui déterminera la hiérarchie entre l'humain et l'animal. La hiérarchie est un point important qui doit être très clair. L'humain doit toujours être le cheval alpha et le cheval doit savoir que c'est l'homme son alpha. Le cheval alpha commande tout, il annonce le danger et est suivi de tous les autres.

Les jeux de dominance ont cette signification: qui fait bouger qui. Le dominant sera le plus rusé, le plus intelligent celui qui aura réussi à faire bouger l'autre.

 

La dernière étape est d'avoir le Savvy ce qui signifie :

Le talent, la maîtrise, l'habileté, le tour de main, la compréhension

Tous les grands hommes de cheval ont le Savvy. Ils connaissent les chevaux parfaitement, de l'intérieur à l'extérieur, dans toutes les situations, des manœuvres les plus simples au plus avancées.

Ce Savvy s'acquiert en quatre étapes: à la corde, en liberté (au sol sans corde), en freestyle (monter avec les rênes longues), en finesse (sur le cheval sans aucun harnachement, en étant capable de le diriger).

Pour atteindre cette relation harmonieuse grâce au Savvy, l'homme doit atteindre 6 clés ou plutôt 6 qualités de caractère.

  1. L'attitude: positive (ne pas en vouloir au cheval lorsqu'il fait des erreurs car en général, c'est à l'homme qu'incombe la faute)
  2. Le savoir: progressif (grâce à la connaissance, ne pas brusquer les choses)
  3. Les outils: naturels (ne pas utiliser de contraintes, d'objets mécaniques ou violents)
  4. Le temps: prendre le temps que cela prend et cela prendra moins de temps Take the time it takes and it will takes less time
  5. L'expérience: pour ensuite pouvoir l'expliquer aux autres
  6. L'imagination: inventer des nouveaux trucs pour apporter encore plus de plaisir .

L'homme doit privilégier le respect, la confiance ou l'amour, ainsi que la communication envers son cheval. Ainsi il se fera respecter et sera en sécurité.

Un travail important sur soi-même est nécessaire. De plus, la perfection ne sera jamais atteinte car même les véritables hommes de cheval continuent à apprendre tous les jours en compagnie de ce fantastique animal.

Si le cavalier intègre cette attitude "respectueuse" envers l'animal, il est vraisemblable que son attitude envers les êtres humains changera, deviendra également plus "respectueuse".

La communication à 100 % par contre est possible. Un vrai couple homme-cheval c'est l'homme qui réfléchit et le cheval qui fait mais aussi en réfléchissant et avec plaisir !


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Monty Roberts

Monty Roberts est également un nouveaux maître. Né aux Etats-Unis dans les années trente, il est le fils d’un dresseur de chevaux aux méthodes certes efficaces mais barbares. Pour contrer ces méthodes relativement violentes, il part seul dans le Nevada observer les chevaux et ainsi comprendre leur langage. Après ce séjour, Monty Roberts tire de ses observations une méthode de dressage révolutionnaire. Des chevaux du monde entier lui parviennent pour réapprendre à vivre au contact de l’homme. Il va jusqu’à rencontrer la reine d’Angleterre connue pour sa passion des chevaux et captivée par les découvertes de Monty Roberts.

Base de la méthode

Sa méthode s’est construite autour du "langage" du cheval, il a tenté de le reproduire. Son observation des mustangs dans le désert lui a permis d’élaborer une sorte de répertoire de signaux et du langage du corps des chevaux. Selon lui, le cheval possède un langage perceptible, prévisible et très efficace. Il est compris par tous les animaux du genre Equus (cheval, âne zèbre, onagre). Il est nécessaire de produire quelques efforts pour comprendre ce langage, car si l’homme refuse de croire que le cheval est capable de communiquer, il aura recourt au dressage par la souffrance. Les chevaux dressés selon la méthode traditionnelle entretiennent une relation conflictuelle avec leur cavalier. S’ils font preuve d’obéissance, ce sera toujours sans plaisir.

Monty Roberts se dresse contre la souffrance et la violence; il ne faut ni frapper, ni donner de coups de pieds, ni faire des mouvements brusques, ni tirer sur le mors, ni attacher, ni forcer les chevaux. La contrainte, si elle doit être utilisée, ne sera que très légère et ne doit surtout pas donner au cheval l’impression qu’il doit faire quelque chose. Elle sera utile seulement pour encourager le cheval à demeurer avec quelqu’un.

Le calme est aussi une des clés de la réussite; la patience est de rigueur, il ne faut pas précipiter les étapes au risque de dégoûter le cheval et surtout qu’il n’assimile plus aussi bien ce qui lui est demandé.

Les mots d’ordre sont; l’écoute, l’observation, le calme et la patience.

Sa méthode est basée sur le langage de la jument dominante d’un groupe familial. Un jeune cheval se fait rejeter du troupeau car ayant commis une faute quelconque, il n’a pas la permission de revenir sans l’autorisation de la matriarche. Si celui-ci tente de revenir sans permission, il est immédiatement rejeté. Pour le chasser, la jument fait face au poulain et il comprend aussi tôt. Plus elle se met de biais, plus le poulain peut espérer rejoindre ses semblables. Le poulain tente de négocier son retour en reculant et en avançant la tête basse et en montrant les zones vulnérables en présentant le grand axe de son corps. Il fait mine aussi de mâcher l’air, de ruminer pour montrer à la jument qu’il ne représente aucune menace.

Le langage du corps est donc fondamental, car il déploie quantité d’expressions très importantes.

Le contact visuel est aussi important; il est très subtil car si la jument ne quitte pas du regard l'œil du poulain, il est dans une situation dite inconfortable. Dès qu’elle cesse de le fixer, il peut espérer son retour. Monty Roberts a aussi remarqué qu’il était possible de faire changer de direction un cheval en regardant telle ou telle partie de son corps.

En observant ce troupeau, il est apparu à Monty Roberts qu’il existait un effet Yo-Yo; si un jeune cheval est repoussé, il retournera vers celui même qu’il l'a repoussé. La base de sa méthode est avance et recule.

Monty Roberts a alors appliqué ce langage comme méthode de dressage afin d’instaurer des relations de confiance entre l’homme et le cheval.

Explication de la méthode

Monty Roberts a nommé sa méthode le join-up. Elle est basée sur le langage de la jument dominante d’un groupe familial décrite dans le paragraphe précédent. Monty Roberts s’occupe d’un jeune cheval qui n’a jamais été entrepris ni sellé ni bridé. Il se sert d’un corral circulaire même si cela n’est pas forcément nécessaire.

Corral circulaire (Roberts M. 1999)

Il a dressé une liste de buts fondamentaux à atteindre:

  1. réaliser le join-up
  2. confirmer le join-up
  3. caresser les zones vulnérables du cheval
  4. lui prendre les pieds l’un après l’autre
  5. lui poser le tapis de selle sur le dos
  6. le seller
  7. le brider
  8. attacher les longues rênes
  9. se mettre en selle
  10. effectuer un grand cercle à droite
  11. un pas en arrière
  12. un grand cercle à gauche
  13. un pas en arrière

Toutes ces étapes sont fondées sur le join-up qui consiste premièrement à chasser le cheval avec une rêne sans le toucher. Il est nécessaire de fixer le cheval dans les yeux, en lui faisant face. Celui-ci alors montrera quelques signes très reconnaissables; oreille braquée sur la personne, mâchouillage, tête baissée. Comme la jument dominante, il faut ensuite détourner le regard, présenter son corps aux trois quarts pour former ainsi un angle de quarante-cinq degrés avec le corps du cheval. C’est une invitation à rejoindre la personne pour le cheval ou en tout cas à cesser de fuir et de porter attention à la personne. Après cela soit le cheval rejoint l’individu soit celui-ci fait le premier pas vers le cheval. Dès que le nez du cheval est à la hauteur de l’épaule de la personne, le join-up est réalisé. Puis la suite des étapes se déroule toujours sur la base du join-up en adoptant systématiquement la position corporelle et le jeu du regard. Il est nécessaire de redonner confiance au cheval par cet intermédiaire. Manipulation et mise en place de l’harnachement doit être fait avec douceur et calme, ainsi c’est la qualité qui prime et non la vitesse du travail. Le cheval ne doit pas se sentir oppressé; il doit avoir du plaisir à être avec son propriétaire.

Intérêt

Comme chez tous les nouveaux maîtres, la méthode de Monty Roberts est basée sur le "langage" propre au cheval. Celle-ci permet d’obtenir des résultats surprenants tout en agissant d’une manière douce et qui en plus est très bien comprise par le cheval; les ambiguïtés sont ainsi évitées; le cheval comprend alors que l'homme ne lui veut aucun mal. Les cavaliers s’y intéressent pour améliorer le contact avec leur cheval mais aussi en compétition car l’harmonie entre cavalier et monture assure de bons résultats.

L'intérêt grandissant pour ces nouvelles méthodes découle aussi du rejet important de l'école d'équitation traditionnelle. Le problème de cette école est un enseignement basé sur la manière de monter seulement. Pourtant être un "homme de cheval" ne se résume pas à bien savoir monter mais également à connaître et comprendre la psychologie et le comportement du cheval, selon les nouveaux maîtres.

Finalement, les méthodes dites "nouvelles" actuellement deviendront peut-être un jour des méthodes traditionnelles.


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© Dorothée Walter et Santschy Jessica, 2002