Entre Homme et Cheval: Intervention de l'homme

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Après avoir vu le cheval "nu" de toute influence humaine, nous pensons intéressant d'observer l'impact que l'homme a eu sur lui, les changements dans ses habitudes, dans sa psychologie. Ainsi, avantages et inconvénients seront observables.


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Comportement de l’homme face à celui du cheval

Il est relativement difficile de parler de l'intelligence de l'homme. C'est pourquoi, nous allons plutôt parler de son comportement opposé à celui du cheval. Ainsi, nous ne faisons que mettre en comparaison certaines caractéristiques du comportement du cheval, explicité précédemment.

L'homme, déjà par son physique, est opposé au cheval. Sa morphologie est tout autre; l'homme est un bipède, son cerveau a une masse importante, et de part sa vision binoculaire, il est considéré comme un prédateur. Celui-ci distingue bien les objets proches, possède une bonne perception de la profondeur, et est capable de se focaliser sur un seul objet. Cependant la vision périphérique est limitée.

Le cheval possède une vision monoculaire et voit bien de loin pour repérer les éventuels prédateurs.

L'homme est en général sédentaire, trouvant sécurité et confort dans un habitat se composant de quatre murs et d'un toit. Il est territorial, c'est-à-dire qu'il définit des frontières pour se protéger des dangers extérieurs. Ainsi, il borde ses propriétés de barrières pour montrer ce qui lui appartient et empêcher les intrus de pénétrer chez lui.

Le cheval est nomade, se déplaçant de pâturage en pâturage afin de trouver sa nourriture. Il n'est donc pas territorial, si toutefois il a assez d'espace pour se déplacer et se nourrir. En cas contraire, il protégera son domaine.

Face au danger, l'homme se tourne dans sa direction et utilise sa vue et sa logique pour l'évaluer. Ainsi, il décidera par la suite, s'il doit le fuir ou l'affronter. Il sait voir clairement, évaluer la situation et réagir de manière logique aux images et aux sons provenant de son environnement.

Génétiquement, le cheval est programmé pour fuir à la moindre manifestation d'un danger quelconque. Après avoir parcouru une certaine distance (distance de sécurité), il s'arrête et observe, de loin, la nature de sa frayeur.

Il est possible maintenant de voir les différences assez clairement. L'homme est un prédateur avec une vue et une morphologie adaptée; le cheval en tant que proie possède des atouts différents, car adaptés à ses besoins. En ce qui concerne l'habitat, l'homme est plutôt casanier, tandis que le cheval opte, en général, pour le déplacement. Enfin, chez l'homme, la fuite succède à l'analyse, contrairement au cheval.

Mis en commun, nous pouvons constater que ces deux caractères s'opposent et cela engendre souvent des conflits ou confusions de la part du cheval ou de l'homme. Ainsi, l'homme reporte ses exigences sur le cheval, considérant qu'il a besoin des mêmes principes que lui pour se sentir en sécurité et à l'aise; alors qu'en réalité il aura des appétences inverses. Par exemple, l'homme loge le cheval dans un habitat assez proche du sien (écuries, stalles, box), car cette structure lui donne un sentiment de protection mais le cheval pour se sentir en sécurité, a besoin de grand espace, pour voir venir le danger et pouvoir fuir le plus vite possible.

A long terme, des trouble de comportements (tics) apparaîtront chez le cheval, car l'homme lui empêchera d'assouvir ses instincts, bref de se comporter comme un cheval.

Domestication

Difficile d’imaginer l’Histoire sans le cheval, dans la vie de l’homme. Cependant, il est important de souligner que le cheval fut l’un des derniers animaux à être domestiqué par l’homme. En effet sa nature méfiante, nerveuse et sa promptitude à fuir à l’approche de tout danger, a rendu sa capture relativement difficile; il était d’abord une source de nourriture importante pour les peuples primitifs (10000 av. J-C). Trois mille cinq cents ans avant notre ère, dans le sud de l’Ukraine, a lieu la première domestication du cheval. Presque trois millénaires après celle du bœuf, du renne, du mouton et du porc et près de six millénaires après celle du chien: le cheval a longtemps résisté à l’homme.

Par domestication, il faut entendre l’action que l’homme exerce en permanence sur les animaux qu’il possède, ne serait-ce qu’en les élevant. Cette action humaine peut s’exercer dans trois domaines :

  • la protection des animaux (contre les prédateurs, les intempéries…)
  • l’alimentation
  • la reproduction (à la fois en tant qu’individu et en tant qu’espèce)

La domestication ultime est atteinte lorsque ces trois besoins vitaux des animaux ne peuvent être satisfaits sans intervention humaine. Le désir d’appropriation de la nature et des êtres constituent la motivation profonde de la domestication. L’homme en protégeant l’animal, le garde, en le nourrissant, il l’apprivoise et en le faisant se reproduire, il le sélectionne, le croise avec d’autres races et le modifie selon ses besoins, pour le rendre plus performant. Par exemple, le cheval de course devra être grand et élancé afin de courir le plus rapidement possible.

Une fois les réactions (ex: fuite devant un prédateur) du cheval comprises par l’homme, la curiosité et la gourmandise de celui-ci furent des facteurs décisifs par sa capture et domestication. A ce stade, il fut aisé de l’attirer grâce à de la patience, de l’ingéniosité, et des friandises bien choisies.

Au départ, le cheval était utilisé à des fins :

  • économiques (en tant que réserve de viande)
  • psychologiques (désir de s’approprier un animal rapide et puissant incarnant des vertus guerrières très valorisées)
  • religieuses (fréquence des chevaux dans les sépultures eurasiatiques ; cela indique qu’ils furent longtemps associés aux cultes des morts).

Après la réussite de l'apprivoisement du cheval, l’homme débuta l’exploitation de sa force. Tout d’abord, il l’attela à sa charrue à des fins agraires, puis à son char pour la guerre et le transport de marchandises.

Il a fallu 1000 ans à l’homme pour qu’il ose monter le cheval domestiqué, puis un millénaire pour le monter efficacement, c’est-à-dire avec un maximum de contrôle dans son utilisation (guerre, transports), et encore plusieurs siècles pour parvenir à l’équitation telle qu’elle se pratique de nos jours. (Hartley Edwards, 1995)

Psychologie du cheval domestiqué

D'après Gossin D. le cheval sauvage, vivant en troupeau, s'est constitué des interdits d'ordre vital (ceux qui sont d'avance inscrits dans chaque individu) et non d'ordre moral (qui sont essentiellement d'origine sociale, en rapport avec un idéal conçu collectivement). Ainsi, le cheval ne s’éloignera jamais de son troupeau ; il s’exposerait de cette manière aux dangers environnants (prédateurs, climat difficile, etc.). L'animal obéit à des impératifs d'ordre matériel (nourriture, eau) qui sont à jamais inscrits en lui et avec lesquels ses instincts sont en harmonie. La loi de conservation individuelle en vue de la conservation collective prime chez l'animal, son comportement est dicté dans ce sens. La loi morale n'existe pas chez l'animal parce qu'il est, de toute manière, incapable de conceptualiser un idéal et de plus aucune nécessité naturelle ne l'impose. Donc tout problème entre individu ou avec le groupe sera réglé selon la loi immuable de préservation de l'espèce.

Chez l'animal domestiqué l'homme va rajouter immanquablement des interdits. Ainsi, si le cheval mord ou pince, même si l'intention n'est pas mauvaise, ses actes seront réprimandés, car l'homme pour sa sécurité, ne peut accepter ce comportement instinctif.

L'homme, afin d’éviter les conflits, doit tenir compte de la nature du cheval et ne pas trop la contrarier.

Cependant, l'homme génère quelquefois des conflits chez l'animal, ceux-ci auront des répercussions sur le plan affectif, psychique et somatique. Ainsi un cheval vivant en box devra " contenir " son instinct grégaire et son instinct de liberté. Puisque cette " abolition " totale est impossible, il faudra trouver un compromis en le mettant quelques heures dans un parc avec des congénères sinon le cheval développera différents symptômes (ennui, tics, mauvaise digestion ) dû à son impossibilité d'adaptation.

Il est très important de tenir compte, pour la santé du cheval, des instincts spécifiques et des caractères particuliers de l'animal, non seulement dans ses conditions de vie, mais aussi dans la façon de mener le travail avec lui. Pour cela, il faudra bien connaître le caractère unique de son cheval pour savoir ce qu'il faut absolument faire ou absolument éviter.

 

Rapport cavalier et monture

L'activité équestre met en relation un animal avec un être d'une autre espèce: l'homme.

Cette relation, afin qu'elle soit harmonieuse, nécessitera des ajustements en raison des différences de nature, de physique et de caractère. Une fois ces différences assimilées, il sera déjà plus facile de comprendre les problèmes qui surviendront lorsque s'établira la "communication".

Maintenant, il devient possible d'analyser plus précisément le "couple" que forment ces deux êtres. Au départ, lors des premiers contacts d'un cavalier débutant avec un cheval, il n'y a pas forcément "communication".Petit à petit, certaines habitudes entre l'homme et le cheval se concrétisent et apparaît alors une sorte de complicité.

Mais, il est tout à fait possible de ne pas "s'entendre" avec un cheval car chaque homme et chaque animal possède un caractère propre. L'attitude, le comportement et aussi l'état d'esprit du cavalier influencent énormément le comportement du cheval sous la selle du cavalier. Il est intéressant de se dire qu'au fond, avant de juger du caractère et des capacités d'un cheval, il faudrait d'abord observer celles du cavalier.

Un exemple flagrant de ce genre de comportement se remarque à l'obstacle lorsqu'un cavalier essaie un nouveau cheval. Manquant de détermination, il imagine son cheval s’arrêter net ou se dérober sous lui. Le cheval, de son côté, perçoit les doutes de son cavalier à travers ses jambes molles et son manque de tonus. Il ressent alors l’hésitation de son cavalier en interprétant: "mon cavalier a peur... donc il me dit de fuir ". Le cheval refuse alors de franchir l'obstacle.

De même lorsqu'on avertit un cavalier que sa monture est craintive et a tendance à faire des écarts pour tout, cela le rend inévitablement plus crispé par l'appréhension.

Le cheval le ressent, et une machine agricole arrêtée au bord du chemin suffira à faire naître l’angoisse d'une chute ou d'une perte de contrôle chez le cavalier. De ce fait, le cheval aura une certaine appréhension, la manifestant par un écart ou un départ au galop soudain.

De nouveau, c'est le cavalier qui provoque la réaction de sa monture.En fait, ne disposant pas d'un langage verbal, le cheval développe une très grande sensibilité au langage gestuel et aussi olfactif (vu son odorat aiguisé).Il sent la plus petite contraction musculaire, remarque les roulements des yeux, la tension des épaules et tous ces signes minimes qui trahissent les différentes émotions des personnes de cheval.

Le cheval aurait donc la faculté de "lire" l'état d'esprit de son cavalier via son corps.L'attitude et l'état d'esprit du bipède conditionnent partiellement le comportement et l'état mental du quadrupède.

Le vrai problème pour la plupart des chevaux, c'est le cavalier et c'est plus ou moins pour cette raison que les "chuchoteurs" ou nouveaux maîtres sont apparus. Il y avait en fait une demande, un besoin de comprendre l'origine de ces problèmes.

Beaucoup d'hommes de cheval avaient compris depuis longtemps l'importance de l'attitude, du respect et de la confiance envers le cheval. La grande innovation de ces chuchoteurs est d'avoir réussi à expliquer les raisons et les manières de résoudre les conflits.

Comme le dit un grand "chuchoteur" Pat Parelli :

" Mon métier ne consiste pas à aider des gens qui ont des problèmes avec leur cheval mais à aider des chevaux qui ont des problèmes avec leur cavalier."


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© Dorothée Walter et Santschy Jessica, 2002