Entre Homme et Cheval: Le Cheval

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Nous allons donner dans ce chapitre, quelques informations sur le cheval, son comportement et sa psychologie. Cette partie est nécessaire à la compréhension de sa manière d'agir, de sentir et de "penser". Ainsi, une certaine connaissance sera acquise, et certaines réactions du cheval face à l'homme seront dorénavant compréhensibles.


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Généralités

Le cheval est un grand mammifère de l'ordre des ongulés et de la famille des équidés, devenu aujourd'hui quasiment un compagnon domestique.

La longueur de ses membres et son importante puissance musculaire font de lui un coureur remarquable et une monture d'usage presque universel. Son espérance de vie est d'environ trente années.

Le cheval est un herbivore et est également considéré comme une proie car, contrairement à l'homme qualifié de prédateur, il aura tendance à fuir le danger plutôt qu'à l'affronter.

Physiologiquement parlant, le cheval est aussi pourvu de sens plus affinés que les nôtres (cf. p.6) car il doit pouvoir fuir à la moindre approche de danger pour survivre.

Le cheval est bien plus rapide que l'homme tout simplement par sa morphologie qui lui confère une déambulation plus ample et donc plus rapide. L'évolution a permis au cheval d'acquérir cette puissance, par le fait même que les chevaux qui courraient le plus vite survivaient et les autres mourraient tués par les prédateurs.

Cette simple description ne suffit pas car le cheval, comme l'homme et le dauphin, appartient aux mammifères supérieurs situés au sommet de la hiérarchie des êtres vivants. Ces animaux-là possèdent une certaine intelligence qui leur a permis de développer un "langage", une capacité d'adaptation et de progrès.(Gossin D. 1999)

Comportement

Dans la nature ou au pâturage, les chevaux vivent en troupeau ou plutôt en groupe hiérarchisé. Le cheval est un animal grégaire mais non proxémiste, c'est à dire qu'il se tient à proximité des autres mais qu'il garde, sauf exception, une distance minimum de sept mètres de rayon. Chacun possède donc sa "bulle" personnelle. Cette grégarité est un instinct (= impulsion due à la nature de l'être vivant ) ce qui signifie que le cheval ne supporte pas la solitude. Face à un ennemi, il lui sera en effet plus difficile de se défendre seul qu'en groupe. (Gossin D. 1999)

Au sein de ce troupeau, afin de maintenir l'ordre, s'établit une hiérarchie soit pacifiquement, soit par des manifestations agressives. Il y aura un chef, appelé le

cheval alpha, que tous les autres suivront. Par exemple, ce chef dirigera le troupeau vers le point d'eau ou vers de meilleurs pâturages, il aura aussi la primauté devant tous, il boira donc en premier.

Chacun devra obéir au leader et aussi à tous les autres chevaux qui le domineront.

Comportement social (Whittelesy M. 1990)

Affrontement entre deux étalons Lorsque deux chevaux se rencontrent pour la première fois, afin d'établir une hiérarchie, ils vont se flairer les naseaux pendant quelques secondes. Puis survient un cri aigu suivi ou non d'une attaque. En fait, le flairage peut suffire, car le rang se détermine grâce aux phéromones* les plus actives du corps de l'autre individu, l'ensemble constituant sa "carte d'identité". Si cet échange d'odeur crée un certain bien être de part et d'autre, il se peut que les deux congénères s'entendent et qu'on les retrouve fréquemment côte à côte en train de se chasser les mouches ou de se gratter mutuellement.

Ce compagnonnage forme un "couple" dans lequel la notion de distance personnelle est abolie, mais cela ne supprime pas la règle envers les autres chevaux pour autant !

C'est entre autre pour cette raison que le cheval est facile à éduquer si l'on s'y prend bien, car il se soumet naturellement à un chef, qui peut être l'homme.

Sensorialité (5 sens du cheval)

Le cheval possède 5 sens tout comme l'homme: la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher.

Certains de ces sens sont plus affinés que les nôtres.

L'ouïe est nettement plus développée. Le cheval entend mieux que nous, ce qui engendre parfois des conflits: si le cheval sursaute à cause d'un bruit lointain que le cavalier n'a pas encore entendu, celui-ci pensant que sa monture veut le faire tomber, risque de le corriger injustement, ce qui entraînera une incompréhension de la part du cheval.

L'odorat est très important. Le cheval peut grâce à lui, reconnaître ses semblables, repérer un prédateur embusqué et il permet aussi à l'étalon de reconnaître une jument en chaleur.

La vision du cheval est encore assez mal connue, surtout au niveau de son appréciation des formes et des volumes. Par contre, il voit bien dans le noir, moyennant tout de même quelques minutes d'adaptation comme pour l'homme. Sa vision est pourtant différente de celle de l'homme déjà par la situation latérale de ses yeux qui lui octroie un large champ de vision avant, arrière et latéral, on dit qu'il a une vision monoculaire. Il possède tout de même une zone aveugle juste devant le bout de son nez et juste derrière lui (cf.Schéma). Les poils de sa barbe l'aident en quelque sorte à ne pas se cogner contre tout ce qui se trouve très près de lui.

Le goût; il détermine le choix d'un aliment par rapport à un autre. Il distingue les herbes comestibles des herbes toxiques à manger.

Le toucher: le cheval s'en sert essentiellement pour explorer son environnement. Grâce aux vibrisses (poils situés sur la face du cheval) et à sa lèvre supérieure, il peut étudier l'objet de sa curiosité.

Il est important de savoir que, dans l'équitation traditionnelle, le cavalier communique avec le cheval grâce aux sens de celui-ci: ainsi les aides principales (moyens dont dispose le cavalier pour guider son cheval) sont axées essentiellement sur le sens du toucher (poids du corps, pression du mollet).

Psychologie

La psychologie du cheval est un atout indispensable à la compréhension de son comportement. L'important pour l'homme est de connaître les réactions et attitudes du cheval afin d'y répondre de manière adaptée, pour éviter tous conflits. Le cheval qui éprouve du plaisir au travail, aura correctement été sollicité par son cavalier. Donc la séance de travail aura été constructive et le cheval aura bien assimilé les exercices. Comme le dit Gossin D. (1999) : "qui veut la fin doit aussi vouloir user des moyens de l'atteindre" et le cavalier qui ne s'inquiète pas de la psychologie de sa monture, n'atteindra pas, malgré tous ses efforts, son objectif car, inconsciemment, il aura procédé à l'opposé de son but.

Le cheval est un réceptacle de sensations, l'homme n'a pas droit à l'erreur. Chaque sollicitation (pression de talon, coup de cravache) doit être bien réfléchie pour ainsi éviter des mauvaises habitudes, des vices.

Tout passe par le cerveau du cheval qui semble classer immédiatement l'information reçue dans deux grandes catégories:

  • ce qui est naturel pour lui, ce qui va dans le sens de ses désirs ou de ses besoins ;
  • ce contre quoi il se défend.

Le cerveau est le siège de toutes les fonctions mentales. Les êtres sont régis par des fonctions qui désignent l'activité d'un élément vivant comme un organe, un neurone. Pour le cheval, on distingue trois catégories:

  • les fonctions vitales sont les fonctions absolument nécessaires pour que l'animal puisse continuer à vivre, par exemple la sensorialité, les instincts, les réflexes...
  • les fonctions relationnelles sont tout ce qui met en rapport l'individu avec son environnement (milieu et autres êtres vivants ).

Exemples: affectivité, instinct grégaire...

  • les fonctions dites "gratuites" sont celles qui ne sont pas indispensables à la survie de l'individu. Exemples: certains tics, jeux...

Le cerveau reçoit l'information et ensuite donne l'ordre; la réponse peut être un réflexe, une réaction instinctive. Dès le moment où ce n'est ni l'un ni l'autre intervient alors "l'intelligence".

 

L ' Intelligence

Le sujet est très délicat car les convictions des uns et des autres sont très controversées. Au fond, il est déjà relativement difficile de définir l'intelligence de l'homme et il reste beaucoup à faire dans les recherches sur l'intelligence du cheval. Cette recherche est d'autant plus difficile qu'il est ardu de réunir 2000 chevaux dans un laboratoire pour effectuer de nombreux tests, contrairement aux expériences effectuées sur des rats et autres animaux plus petits.

Mais il est possible tout de même de présenter les résultats déjà obtenus, bien qu'ils ne soient pas forcément satisfaisants. Parler de l'intelligence du cheval est important, car vouloir être compris du cheval implique qu'on lui attribue suffisamment d'intelligence.

Voici la définition complète que donne Wechsler (tiré de Gossin D. Parler au cheval et être compris, Paris 1999) de l'intelligence:

"L'intelligence est la capacité globale ou complexe de l'individu d'agir dans un but déterminé, de penser d'une manière rationnelle et d'avoir des rapports utiles avec son milieu. Elle est globale parce qu'elle caractérise le comportement de l'individu dans son ensemble; elle est complexe parce qu'elle est composée d'éléments ou aptitudes qui, sans être entièrement indépendants, sont qualitativement différenciables... En ce qui concerne l'intelligence générale, il semblerait que l'aptitude intellectuelle comme telle n'y entre que comme un minimum nécessaire. Ainsi, pour agir intelligemment, il faut être capable de se remémorer un grand nombre de détails, c'est-à-dire avoir une mémoire fidèle..."

Le siège de l'intelligence se trouve évidemment dans le cerveau qui se doit d'être doué d'un bon fonctionnement. Pour cela, le cerveau a besoin de remplir quatre conditions:

  1. des organes sensoriels fonctionnant correctement et ainsi fournissant une information adéquate
  2. un bonne oxygénation du cerveau
  3. une bonne hygiène mentale, c'est à dire que si l'animal subit un choc ou une émotion importante, il aura plus de peine à "réfléchir". Sa capacité mentale diminuera de la même sorte s'il est prisonnier de la routine ou abruti. Par exemple, s'il est enfermé dans une chambre noire pendant un certain temps, il s'abrutira car il n'aura pas la possibilité de se mouvoir, ni de développer ses sens.
  4. une bonne mémoire sinon, il est impossible de raisonner sur un fait si aucune expérience antérieure ne nous a déjà appris certaines choses importantes. Par exemple, si vous n'aviez pas de mémoire comment pourriez-vous faire du café en ne sachant plus à quoi servent l'eau, les casseroles et le feu? Si le chef d'un troupeau sauvage ne connaissait pas les points d'eau nécessaires à la survie de son groupe, tous les chevaux pourraient mourir à cause de son manque de mémoire.

Les points un et deux doivent fonctionner correctement chez le cheval car si ce n'est pas le cas, le cheval meurt dès la naissance ou quelques temps après.

Le point trois est très important pour le développement de l'intelligence du cheval. Le cavalier a tendance à oublier ce point, ce qui n'aide pas au développement de l'intelligence de sa monture. Par exemple, en sortant sa monture une heure par jour et en la laissant les vingt trois autres heures languir dans son box, son cheval sera sous stimulé, ce qui l'empêchera d'évoluer. Le cheval naît avec une certaine intelligence tout comme l'homme, et ce n'est que par l'expérience que celle-ci se développe.

On arrive ainsi au point quatre: le cheval a une excellente mémoire qui l'aide à l'acquisition et à la fixation d'un exercice. Elle peut aussi être un désagrément pour le cavalier car le cheval retiendra la punition injuste, la peur qu'il aura éprouvée dans une certaine situation ou même la fois où il aura dominé l'homme.(Gossin D. 1999)

 

 


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© Dorothée Walter et Santschy Jessica, 2002